Sur la route des puces



Les deux grosses musettes devenues insuffisantes, je mettais le surplus de mes pêches d’une abondance miraculeuse, dans des sacs Casino, qu’à l’heure du départ des Puces j’enfilais au guidon de ma mob’. A propos de départ, ce dernier dimanche j’avais sur les gentes quitté le marché, avec en surcroit de mon chargement habituel, une table d’apéro en forme de palette de peintre, et mise à cheval sur le réservoir, un shako de majorette à poils blancs, accroché par les jugulaires au rétroviseur, une pile de Paris Match placée sur le porte-bagages, et une gigantesque poupée de foire de 1,20m, qu’une aimable personne m’avait ficelé dans le dos, faute de pouvoir la caser autre part. Au démarrage, il fallut qu’on me pousse. Mon deux-roues  penchait  de droite, de gauche, avant qu’il ne trouve une précaire stabilité. J’avançais à petits tours de roues, aux Puces il y avait toujours foule. «-Attention !», «-Attention !»,  «-Ne coupez pas mon élan !», je criais... lire la suite

L'objecto-thérapie



Du monde, il en venait peu, mais suffisamment assez de quoi me permettre tester ! Parmi ces gens, personnes recommandées, copains, copines, se trouvaient mon ancienne voisine, depuis partie se mettre en ménage avec une  thérapeute (fan de peute !). Celle-ci, à l’ouverture d’un placard grouillant de titoilles, s’était précipitée  sur un flacon de parfum de foire, et la voix en émoi, elle me demanda la permission de le déboucher, après quoi elle avait brusquement placé la fiole sous son nez, et en sniffant une forte bouffée spontanément s’était écriée : « Les autos scooter ! Les garçons ! ». Aussitôt dit, comme foudroyée, elle était tombée à la renverse sur le plancher en gesticulant de tous ses membres... lire la suite 

    Pierre Boudou et son sternum
Sûrement l’atavisme, je devais obligatoirement tenir quelque chose de mon père, j’espaçais mes relations avec les gens ennuyeux, en laissant porte ouverte aux « vedettes », aux « fous », et à ceux prédisposés à le devenir. La sélection se pratiquait d’elle-même. Maintenant que j’étais casé, peu rigolo, ne pensant qu’à m’isoler à l’atelier, modeler de la glaise, ou pétrir les fesses d’Arlette, mes camarades s’en étaient allés… Les disques de rock rangés aux rayons des affaires classées, à présent tournaient sur l’électrophone du Eliane Célis, Lucienne Boyer, Jean Sablon ; (et du classe), Le Clair de Lune, non de Maubeuge, mais de Werter, Les morceaux en forme de poire d’Eric Satie, et j’en saute…Les nouveaux arrivants qui résistaient à cette épreuve musicale, iraient s’avouer être des bons, ils allaient amuser ma fiancée, et à moi me faire délirer à fond. Velu, pareil à un loup-garou, m’arrivait Jean-Louis (Jean-Lou), un type à l’orientation sexuelle non définie, malgré ses cheveux drus, son épiderme bleu de barbe forte, et des poils jusque sur le bout du nez qu’il était obligé de se raser tous les matins. J’avais enfin dégoté un furieux partenaire... lire la suite

Le voyage (suite Tambour-major)



Le petit doigt capuchonné d’un dé à coudre, Lou s’était découvert une passion, la couture. Lui, à la confection des vêtements, et moi, aux travaux de bourrellerie (c’est plus mâle), à tous deux nous avions fabriqué un mannequin, un hussard du 7ème régiment. Ainsi soit fait, placé derrière la porte de l’atelier il montait la garde, près des reliques de Pierre Boudou pieusement mises sous vitrine. La permission du maire, m’accordant de conserver chez moi les ossements du Tambour-Major, n’avait pas suffi à apaiser ma conscience. J’y reviens, il restait à régler une ardoise, un impayé avec le Ciel, et l’Éternel ne fait forcément pas éternellement crédit. On peut admettre d’avoir peur la nuit, mais le jour ? !…  en ville, au milieu de la foule ?… La peur en soit, c’est le mot ! Mes nuits de sommeil s’en ressentaient. Notamment, une de ces courtes nuits de juin, aux environs de la St Jean,  où… un bruit de pas, lent, traînant… vint à me réveiller.La porte de ma chambre est grande ouverte, les bruits venus du vestibule sont très distincts. Je tends l’oreille, c’est exact, j’entends des clappements de pas s’approcher…lire la suite


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